A propos de la vaccination des patients leucémiques de 5 – 11 ans : l’étude Pacific

 

Le Professeur Arnaud Petit du service de cancérologie de l’unité d’onco-immuno-hématologie pédiatrique de l’hôpital Trousseau nous parle d’une étude clinique en cours.


 Arnaud Petit

   

 

Pouvez-vous nous préciser ce qu’il en est du Covid dans le champ de la leucémie et de la vaccination ? 

Les enfants font des formes rares, exceptionnelles, d’infection au Sars-CoV2 (Covid-19). Au mois d'octobre, il y a un an, une de nos jeunes patientes a présenté une forme sévère de Covid-19, alors qu’elle était sous chimiothérapie pour une leucémie. Deux semaines plus tard, un adolescent se trouvait dans la même situation. Un an après la jeune patiente a une immunité très faible contre ce virus alors qu'elle avait fait une infection sévère. Par ailleurs, ces deux patients présentent des séquelles pulmonaires de leur infection. Cela nous a conduit proposer précocement de vacciner les enfants atteints de leucémie aiguë. Mais le vaccin n’ayant pas d’autorisation de mise sur le marché (AMM), il a fallu convaincre nos autorités de conduire une recherche pour vacciner ces patients. On a donc mis en place sur Paris l’essai Pacific

 

Ce qui ne s’organise pas si facilement…

Cela nous a pris du temps car l’absence d’AMM induit des contraintes réglementaires fortes. Quand on a monté le projet, on voulait vacciner les patients de 1 à 15 ans ainsi que toute la famille mais, les parents ayant eu entre-temps droit à la vaccination, on les a exclus de l'étude. Ce projet a été jugé « priorité nationale » par le CAPNET , permettant d’avoir une procédure accélérée pour l’autorisation de conduire cette recherche.

Quel est le protocole final maintenant ?

L’objectif est d’évaluer la tolérance de différentes doses du vaccin chez les enfants atteints de leucémie et la qualité de la réponse au vaccin. La question est de savoir s'ils sont réellement protégés, si cette protection varie selon la chimiothérapie et selon quelles modalités. On vaccine les enfants de 5 à 11 ans. Le médicament vient d’être autorisé chez tous les enfants à la dose de 10 µg. Néanmoins cette dose a été déterminée chez des sujets sains. Notre étude évaluera si les patients atteints de leucémies aiguës ne doivent pas bénéficier d’une dose plus élevée pour obtenir une meilleure protection. Cette étude est prévue pour 100 patients atteints de leucémie aiguë et 50 sujets sains issus de la fratrie.

Ce protocole a-t-il déjà apporté quelques informations ?

Il encore un peu tôt pour tirer des conclusions. On peut d’ores et déjà dire que le vaccin est bien toléré chez les premiers enfants ayant reçu le vaccin Comirnaty, y compris à des doses telles qu’utilisées chez l’adulte. Par ailleurs, ce protocole permettra d’en savoir plus sur la manière dont le système immunitaire des enfants sous chimiothérapie peut répondre à un vaccin par ARN. Cela offre l’espoir de développer demain des nouvelles approches dans la lutte anti-leucémique par l’utilisation de vaccins ARN spécifiquement dirigés contre les cellules leucémiques.


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